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Espérez vous secrètement qu’un jour votre vie soit douce et tranquille, que les épreuves, les aléas, la douleur, cessent de venir vous visiter?

Vous êtes vous déjà fait cette réflexion «Un jour j’irai vivre en Théorie, car en Théorie tout se passe bien.»?

Croyez-vous que si vous faites tout ce qu’il faut, si vous suivez un chemin particulier, pratiquez des exercices et des techniques pour gérer votre stress, rester calme, être bienveillant avec les autres, la vie va vous oublier et les em***des se détourner de vous?

Dis comme ça la réponse semble assez évidente et la naïveté de la question vous a peut-être fait sourire.

C’est comme construire des maisons en zone inondables en pensant que nous pouvons empêcher les inondations,
comme repousser le moment de dire ce que l’on a dans le coeur à quelqu’un en pensant qu’on a l’éternité devant nous pour le faire,
comme dépasser régulièrement les limites de son corps en croyant rester en pleine forme toute sa vie…

Cela s’appelle la pensée magique!

Une partie de nous sait que tous ces événements sont indépendants de notre volonté personnelle. Ils arrivent et c’est tout!
Mais cette conclusion ne nous convient pas, elle nous laisse une impression d’impuissance. Nous ne voulons pas souffrir! Nous voulons vivre en permanence dans la joie, l’amour, la paix.

Alors nous interprétons tout ce qui arrive:

  • c’est à cause du promoteur immobilier avide si on a construit près de la rivière
  • c’est parce que ma mère est trop fragile pour entendre ce que j’ai à dire que je me tais
  • c’est parce que mon alimentation n’est pas assez équilibrée
  • c’est parce que j’ai vécu cela dans mon enfance….
  • c’est parce que j’ai toujours été maladroit…

Voyez vous le mécanisme? Voyez-vous comme chaque expérience vécue est automatiquement interprétée afin d’y donner un sens?

Je vous invite à vous amuser à écouter les gens quand ils vous parlent de ce qu’ils sont en train de vivre. Ecoutez les mots, discernez ce qui relève des faits concrets et de l’interprétation. Et oui nous passons notre temps à nous raconter des histoires et à en raconter aux autres. Cela peut-être un jeu tout à fait joyeux quand on sait que l’on joue.

Le problème dans tout cela, c’est que nous mettons le bonheur à un endroit où il ne sera jamais: à l’extérieur de nous.

Si le bonheur dépend de mon patron, de mon amoureux, de la météo, des résultats scolaires de mes enfants, alors il est fragile. On ne peut pas compter dessus!

La réaction la plus habituelle est alors d’essayer de contrôler les événements. Nous mettons en place des stratégies parfois très perfectionnées pour tenter de modifier les événements, de faire arriver ce que nous désirons.

Et d’ailleurs c’est ce que nous vendent beaucoup de courants de développement personnel. Qu’à force de volonté, de dépassement de soi, nous arriverons à vivre la vie que nous désirons.

Dans mon cabinet, je vois toute l’énergie, la force déployée à essayer de vivre autre chose. J’ai moi-même passé la grande majorité de ma vie à le faire. J’y ai récolté surtout de l’épuisement, de la honte, du dégoût de soi, de l’angoisse car toujours les problèmes, les déceptions, les contretemps arrivaient. Et avec eux, le jugement sur soi d’en être encore là, de ne pas y arriver et la comparaison avec les autres qui eux sont heureux.

Reconnaitre que les choses arrivent tout simplement, le reconnaitre profondément, sans l’interpréter et s’en faire une histoire. 

Cela permet de mettre son attention au bon endroit: pas à essayer d’éviter les choses de se produire mais en accueillant ce que cela produit en moi.

Si je reprends l’exemple de l’inondation de la maison, se lamenter sur la perte, chercher un responsable, refaire l’histoire de la construction, se juger d’avoir fait un mauvais choix, tout cela fige. Le temps s’arrête, toute l’attention est concentrée à chercher pourquoi et comment cela aurait pu être évité. L’énergie est mobilisée là-dessus et non sur les choix et actions à poser en tenant compte de la réalité de l’inondation.

Quand vous choisissez d’écouter ce que cette inondation réveille en vous comme sentiments, sensations, pensées, vous êtes présents à vous-même. Vous êtes ici et maintenant et oui souvent c’est inconfortable! Vous vous sentez peut être angoissé par votre situation financière, inquiet pour l’avenir, triste de la perte d’objets ayant une valeur pour vous. Accueillez tout cela dans l’instant et l’effort, la lutte, s’arrêtent immédiatement. Le corps et l’esprit se relâchent. Des émotions, ressentis apparaissent. Le mouvement vital circule à nouveau.

De nouvelles pensées apparaissent, des besoins émergent, des actions se dessinent. Les angoisses liées à la situation financière vous ont montré votre besoin de sécurité et vos prochains choix seront guidés par lui. Vous revisiterez peut-être votre relation à l’argent, à la propriété, à la consommation. Vous découvrirez que vous avez finalement beaucoup plus d’alternatives que vous ne le pensiez avant. Et vous expérimentez que ce qui vous arrive n’est ni bon ni mauvais en soi.

L’essentiel n’est pas ce qui nous arrive mais notre attitude face à ce qui nous arrive.

Cherchons nous à l’éviter, nous battons-nous ou choisissons nous de le regarder en face, de nous laisser enseigner par lui sur nos besoins et aspirations profondes.

Le bonheur c’est surtout un état d’esprit, une aptitude à prendre du recul sur ses émotions et ses pensées, à choisir ce à quoi on accorde de l’attention.

Et cela demande seulement un apprentissage, de s’exercer dans les situations quoitidiennes à ne pas se laisser happer par les pensées négatives et les émotions perturbantes.

Essayez et constatez par vous-même!